“Mais toi, tu traceras ton chemin, Qui ne sera ni le mien, ni le sien, mais bien le tien, Ton chemin de liberté”AL Fournier Le Ray
JAY-MARLEY , NOAH, CAMERON
Né le 28 Juin 2011 à 3h02
Poids : 3,680kg Taille : 49cm
9 rte de Talmont, Meschers
26 juin
Aujourd’hui, je ne t’attends pas. Cela fait plusieurs jours que j’oscille entre faux espoirs et vraies déceptions. Mon corps se prépare à ta venue depuis quelques semaines déjà. J’ai passé plusieurs soirées rythmées par de douloureuses contractions en souriant intérieurement : « peut-être que ce soir…. ». Chacune de ces nuits je me suis finalement endormie et réveillée au petit matin pleine de ta douce vie. Je sais que notre rencontre approche. Je suis prête.
Mais aujourd’hui je ne t’attends pas…. Nous sommes le 26 juin. Il y a quatre ans que nos premiers amours nous ont quitté. Je pense être capable de te donner la vie ce jour-là, comme un pied de nez au destin, à Dieu si par hasard il existait. Mais j’aime autant que tu aies ta date. Et qu’éternellement ils aient la leur. Le 26 juin reste gravé dans nos chairs même si cette année le souvenir est presque léger.
Nous sommes le 26 juin et il fait chaud. Très chaud. On donne le dernier coup de fouet pour finir les travaux de notre nouvelle maison. J’aide ton papa comme je peux : je peins les portes, monte les meubles et pose à ses côtés le parquet. Mon ventre est imposant, j’ai du mal à me mouvoir. Je t’attends depuis un peu plus de 8 mois. Mon cœur est partagé entre l’envie de te rencontrer, le désir d’avoir fini les travaux avant ton arrivée, la crainte que ton père s’en aille avant ce fameux jour. Je stresse, je ne comprends plus mon corps si prêt à te donner la vie, j’attends le « déclic » puisque j’ai bien compris que désormais c’est toi le seul maître à bord, c’est toi qui décideras de ta naissance. Comme c’est toi qui a décidé de ton arrivé dans mon ventre.
Le 21 octobre nous fêtions nos 4 ans d’amour, nous nous remémorions ces premiers instants de découverte, de passion, la rapidité avec laquelle nous avions crée notre couple puis notre famille. On s’est émerveillé du bonheur de la vie à 4 et on s’est dit que finalement, un petit N°5 ça ne serait pas si mal… Dans quelques années. Mais toi tu avais décidé que N°5 ça serait toi et que tu n’attendrais pas des années.
Cassidy avait à peine 4 mois et demi lorsque j’ai appris ta présence. Cela faisait un an, jour pour jour que j’avais su qu’il faisait partie de nos vies. La coïncidence était bien trop tentante pour ne pas faire un test de grossesse, pour « rigoler » puisque je n’imaginais même pas qu’il puisse y avoir une quelconque probabilité que …. Et une deuxième barre est apparue. J’ai eu peur de la réaction de ton papa, j’avais peur qu’il trouve que ça faisait trop. Non, il a souri à l’idée. Quelques semaines après, de mauvais résultats à un examen de sang et la peur de te perdre m’ont confirmé que j’étais prête à t’accueillir, que, malgré la surprise je te désirais autant que tes prédécesseurs.
Les semaines passent, lentes et rapides comme seules les semaines de grossesses savent l’être. Je m’impatiente d’arriver à la fameuse première écho et un matin je me rends compte que dans 3 mois tu seras là… Nous savons très tôt que tu seras un petit garçon. Tant mieux, nous n’imaginions pas autre chose ! Tu es prévu pour arriver quelques jours après ton grand frère alors que les dates de cycles sont exactement similaires. En attendant, pour la première fois je profite au maximum de ma grossesse. Je n’ai aucun symptôme, pas de nausées, pas de douleurs, je ne parviens pas à réaliser qu’une petite graine pousse en moi. Après la peur omniprésente de l’attente d’Eden, la douleur morale du couple qui vacille pendant la grossesse de Cassidy, me voilà enfin dans une situation sereine où je me sens pleinement épanouie. Je profite, j’attends, je ne m’impatiente pas, je nous laisse avancer vers notre rencontre à notre rythme.
Quand je pense à ma grossesse, la première comparaison qui me vient à l’esprit est celle d’une maman kangourou : je te porte sans fioritures, naturellement, légèrement. Jusqu’à 6 mois de grossesse, au moins, j’oublie encore que je suis enceinte. Tu fabriques ta vie en mon sein et moi je continue la mienne. Enfin j’apprécie être enceinte ! Tu es là, il ne peut pas en être autrement. Je t’encourage de mes caresses : « pousse, pousse petit garçon, deviens bébé, sois costaud, prends le temps d’apprendre à être vivant, je t’attends passionnément, pousse en moi et après je prendrai ta main et tu grandiras à mes côtés ».
Le 26 juin s’achève, doux et tendre, ton papa et moi allons nous coucher en espérant….
27 juin
Il doit être 2h du matin… j’ai l’impression de perdre du liquide. Au fond de moi je sais que ce n’est pas ça mais mon corps a été tellement étrange depuis quelques semaines que je préfère informer ton père de cette sensation. Je n’ai pas de contractions et à vrai dire je me sens très en forme. On décide de partir quand même : demain j’ai rendez vous avec le gynéco, je sais qu’il va programmer le déclenchement alors, sans trop y croire on imagine qu’ils vont peut être nous donner le petit « coup de pouce » qu’il nous manque…Cette sensation de ne pas être maître des évènements me rend folle… je voudrais tout savoir, tout contrôler sans pour autant passer à côté de la magie de ta naissance. Nous partons donc en chantant sur la longue route qui mène à la maternité. Là bas, nous sommes bien accueillis en même temps qu’une autre maman. Elle a perdu les eaux, je sais qu’elle tiendra son bébé avant moi dans ses bras ! Ceci est rapidement confirmé : pas de contractions, pas de perte de liquide, tu nages encore comme un poisson. Mon col est ouvert à 4cm mais cela fait déjà une semaine, pas de raison que ça lâche tout de suite. Ils nous renvoient à la maison tout en nous conseillant de venir dès les premières contractions. Je suis déçue, j’espérais un petit « quelque chose », tu gigotes fort en moi, j’ai hâte de te voir.
J’ai décidé de ne pas chercher à te voir avant. Je suis presque déçue que nous ayons demandé ton sexe. J’avais envie de te rêver, de ne pas te comparer, j’avais envie de garder ton mystère. Ton prénom d’ailleurs ne sera que très peu dévoilé. Il fait partie de ton énigme ; il est rare et pourtant célèbre. Nous voulions un prénom riche en signification. Nous voulions quelque chose qui signifie la naissance ou la renaissance…. Ces prénoms sont hélas trop connotés puisqu’ils ont été repris dans des films d’anthologie : Anakin et Néo… Nous en voulons un qui signifie la victoire puisqu’après tout tu es un petit victorieux, arrivé de façon totalement impromptue. Ton père me propose un jour un prénom : Jay, car c’était son surnom enfant : Jayjay. J’aime bien. Je le tape sur google et quelle surprise : il signifie le victorieux en sanskrit !!! Prénom validé …Mais moi je voulais un prénom composé. Lors de nos réflexions nous nous étions dit : soit un prénom signifiant quelque chose soit le prénom d’un leader, d’une personne charismatique. Nous ne sommes fans de personne cependant nous reconnaissons l’aura de certains hommes qui ont marqué l’Histoire. Je cherche la liste des présidents américains, des prix nobels, des hommes célèbres…. Rien ou pas grand-chose. Ton père me propose le nom de celui qui a marqué des millions de jeunes et de moins jeunes, créant un nouveau courant de pensée, une nouvelle façon d’être. Marley. Nous sommes très loin du mouvement rasta ton père et moi mais cet homme là représente indéniablement quelque chose. En plus, Marley signifie « de la terre des lacs », et j’aime particulièrement cette signification. Tu t’appelleras donc Jay-Marley.
La nuit s’achève, elle est étouffante.
La journée passe lentement, j’attends mon rendez vous avec le gynécologue impatiemment. L’espoir de te voir naître avant le départ de ton père le 1er juillet s’amenuise. Ce dernier me répète de te faire confiance, tu n’es pas là par hasard et tout se déroulera parfaitement. Je veux le croire mais j’aimerais tellement une certitude, un signe, quelque chose de toi.
Il est enfin l’heure de partir, c’est mon dernier « espoir » dans mon esprit impatient : après tout, tu n’es prévu que pour le 21 juillet, à moi de respecter ce rythme mais je ne me contrôle pas. J’ai peur, tout simplement. Je ne veux pas être seule ce jour là, je veux quelqu’un pour tenir ma main, je veux ton père pour te serrer dans ses bras quand tu te montreras.
Le gynéco me reçoit, j’ai presque envie de le supplier, de le forcer…Il m’examine. Je suis dilatée à 4 voire 5 cm…Il ne faudrait vraiment pas grand-chose. Pourtant tu es encore haut, le « pas grand-chose » ne peut pas être naturel, seules les contractions du travail te feront descendre. L’espoir s’envole…J’espérais une petite aide et je sais quelle va être l’étape suivante : le déclenchement. Un acte que j’abhorre. Même si il tombe à point nommé : plus de mystère, plus de crainte : tu naîtras le jour et à l’heure que l’on t’a imposé. C’est triste, mais je n’ai pas envie de dire non. Quelle ambivalence.
Effectivement, il me propose le mercredi 29 juin. Je négocie avec lui pour demain, le mardi 28. Le plus tôt sera le mieux finalement. Puis la coincidence est troublante une fois de plus : le déclenchement de ton frère était prévu pour la même date. Il m’envoie voir les sages-femmes pour m’organiser avec elles. Il est 17h. Elles me demandent de revenir le lendemain à 8h. vu l’état des choses, ça sera un déclenchement très simple et sans surprise : on pose la perfusion d’ocytocyne puis on perce la poche et on attend….
Sur le chemin du retour, je reste silencieuse. Les larmes montent. Voilà, il est là ce moment tant attendu. Finalement je ne suis plus si pressée. J’aurais envie de te garder en moi plus longtemps, j’aurais envie de laisser faire la nature. Difficile d’expliquer mes sentiments alors qu’il y a quelques heures à peine je voulais tant que tu sortes. Sur la route, je profites de ce dernier tête à tête : je caresse mon ventre, je déguste tes mouvements. Je te parle de notre rencontre prochaine, de l’aventure que nous nous apprêtons à vivre. De l’amour que j’ai pour toi, déjà.
Pour la première fois depuis 8 mois j’essaie de t’imaginer.
28 juin
Le dîner de ce soir a été lourd et pesant. L’orage se préparait, la tension de l’air était palpable. L’ambiance était morose. Je n’ai cessé de penser à la journée du lendemain. Finalement, une brusque coupure d’électricité a réglé le problème : nous avons tous regagné nos chambres vers 21h. Après avoir tourné dans mon lit, je m’endors finalement. Il doit être minuit, nous sommes le 28 juin. Avant que je ne sombre, ton père me dit que la chaleur le rend mal, qu’il va aller se mettre dehors. Il n’y a pas grand-chose d’autre à faire puisque l’électricité n’est toujours pas revenue.
Il est 2h du matin, je suis réveillée par l’absence de ton père à mes côtés. Il fait une chaleur insupportable. J’ai une boule dans le ventre, le stress monte…Je rejoins ton père dans la cuisine, l’électricité vient enfin de revenir. Je reste une petite demi-heure à ses côtés puis retourne me coucher, je ne me sens pas si bien que ça, j’ai un peu mal au ventre.
2h42… Je viens de me recoucher, je sens une contraction arriver…Comme tous les soirs depuis presque 3 semaines. J’attends que le sommeil me cueille.
2h47, de nouveau une douleur. Ca aussi j’en ai l’habitude. Ton papa arrive à ce moment là. Je lui dis que je viens d’avoir deux contractions en 5 min, qu’à la prochaine on partira. « Je ne le sens pas »….J’ai cette étrange sensation en moi et pourtant les contractions ne sont pas douloureuses et puis, puisque j’ai rendez-vous à 8h, j’imagine que si j’arrive pour rien cette fois ils ne me renverront pas !!!
Eden me rejoint dans le lit et se glisse tout contre moi.
2h52, voilà celle que j’attendais depuis des mois ! Cette contraction qui monte en puissance, m’envahit toute entière et semble s’éterniser. Je sens ma bulle m’englober. Lucide mais déjà loin, je bondis du lit en disant « je perds les eaux ! » Je ne sais pas si je perds vraiment les eaux. Je me sens humide mais ce n’est pas le déluge qu’on me prédisait. Je ne pense plus, j’agis. Je cours aux toilettes et dis à ton papa d’appeler les pompiers, il me dit qu’il n’y a pas besoin, qu’il va me conduire. Je lui dis que non, ça va bien trop vite en moi, qu’on sera plus tranquilles dans l’ambulance… Il s’empare d téléphone. Je ressens le besoin d’aller prévenir tes grands parents pour dire que cette fois nous partons pour de bon. Je me sens bien même si une étrange douleur me barre le ventre. Au pied de leur escalier, j’ai bien envie de monter mais je ne peux plus… Cette douleur enfle en moi, me brise en deux, me paralyse… contre toute raison puisqu’il est 3h du matin, je me mets à hurler dans la cage d’escalier « j’ai perdu les eaux, on va y aller !! » J’étais cramponnée à la rambarde de l’escalier et soudain je perds le sens de la réalité. Je n’ai que des flashs de ce qui m’entoure. Ca va vite, bien trop vite. Soudain, je suis assise sur le canapé, le buste basculé en avant sur l’accoudoir, la tête quasiment par terre.
Ton père arrive. Il est encore au téléphone avec les pompiers. Je croyais qu’un long moment s’était écoulé mais en fait non, il y a peut être 2 ou 3 minutes que j’ai quitté la douceur de mon lit. Il me dit qu’ils arrivent et je lui réponds la seule chose que mon cerveau arrive à formuler : « c’est trop tard, je ne vais nulle part, il arrive ». Les pompiers entendent, ils lui disent qu’ils envoient le samu. Je vois le téléphone posé par terre à côté de moi. Je suis paralysée.
Papa me demande de m’allonger, je ne veux pas, je ne peux pas. Je ne peux plus rien. Je suis là, rigide comme un roc, cramponnée à mon accoudoir. Je n’ai plus conscience de rien, je ne vois plus rien. Je n’ai même pas peur.
On me tire la jambe et la pose sur le canapé. J’ai un Flash, je vois ton père en face de moi. Il me parle d’une voix rassurante mais je ne l’entends pas. Une pensée me traverse « je vais salir le canapé ! » . De nouveau l’absence de mon corps, de mon esprit. Je n’ai même pas mal. Ou plutôt je ne ressens pas le mal. Car je hurle à pleins poumons. Mon corps est en train de se déchirer en deux, je sens cette boule descendre. Puis plus rien. Le calme plat.
« la tête est là ». Je sens la peur monter. Il ne se passe plus rien. Pas de contraction, pas de douleur. Le temps est long. Une voix en moi me dit de ne pas pousser, de te donner le temps. Ce laps de temps me parait énorme et pourtant ton papa me dira qu’il y a eu 3 ou maximum 5 secondes qui se sont écoulées.
Je hurle de nouveau. Ce sont tes épaules
Puis encore une fois.
Je sens ta petite vie qui sort de moi.
Ton père te tend vers moi. Si minuscule.
Tu pleures.
On dirait un chaton.
Il est 3h02.
Je te serre contre moi. Fort. Je me sens bien.
Doucement je reviens à la réalité. Il y a 10 minutes j’étais dans mon lit.
Et tu es là. Frêle et nu. Alors je te serre fort, je te protège, je te regarde à peine, je préfère te sentir.
Ton père nous tourne autour, je lui demande de nous donner des serviettes. Ma mère en a apporté un tas pensant éponger l’eau perdu… Elles serviront à te couvrir, à me couvrir. Je l’appelle. Je me sens si bien : « maman, viens voir ton petit fils ! » Lentement toute la maison bouge : mon père descend avec Eden, nous te présentons à elle. Anthony vient jeter un œil.
Et moi je ne te lâche pas. Je n’ose pas bouger, ton cordon bat toujours. Je te mets contre mon sein et te scrute minutieusement.
Tu es là. Victorieux.
16 juillet
Jay-Marley, tu es parmi nous depuis 3 semaines bientôt. Je ne pourrais plus me passer de toi. Ta naissance épique a fait de toi une célébrité. Tu es le 32ème bébé né à Meschers. Quelle surprise tu auras été du début à la fin ! Toujours là où on ne t’attendait pas ! Chaque jour qui passe tu deviens plus beau. Tes traits sont fins et ta peau si claire. Tes yeux qui commencent à peine à voir me scrutent pendant des heures. Je te sens encore si près de moi. Tu te loves dans mes bras pour te laisser aller à ton doux sommeil.
Je t’aime passionnément.
Pour finir ta petite histoire, les pompiers sont arrivés une dizaine de minutes après ta naissance. Ils étaient 3 ou 4 dont une amie d’enfance à moi. Ils étaient à peu près aussi perdus que nous ! Ils t’ont mis un petit bonnet et sont restés là…. Quelques minutes plus tard, le samu a débarqué ! eux ils sont arrivés à 4 ou 5 Ils ont demandé à ton papa si il avait coupé le cordon, il leur a répondu qu’il n’en n’était pas encore là dans son manuel de la parfaite sage femme. Moi j’étais très bien où j’étais, ne me lassant pas de te découvrir. Ils ont coupé le cordon que les pompiers avaient préalablement clampés. Enfin, ils ont tendu les ciseaux à ton père pour qu’il le fasse. Puis ils m’ont posé une perf et m’ont embarqué dans le camion. L’ambiance était détendue et nous avons profité du trajet pour discuter. Je n’étais pas rassurée avec toi dans mes bras car je ne me sentais pas stable sur le brancard. J’avais un peu peur aussi que le placenta se décide à sortir pendant que nous étions sur le chemin. L’arrivée à la maternité a été très sympa puisque ton papa a été chaleureusement félicité par toutes les équipes : pompiers, samu et personnel de l’hôpital et moi du coup accueillie comme une reine ! Petit cafouillage à l’arrivée : ils m’ont posé une perf de glucose, pas idéal pour une diabétique ce qui m’a valu un petit coup de mou : ma glycémie avait grimpé à 2,5g ! Le placenta n’a pas tardé à sortir et la sage femme m’a confirmé ce que je savais déjà : pas de déchirure ni quoi que ce soit. On plaisante de nouveau, l’ambiance est amicale, l’auxiliaire de puériculture est aussi une camarade de maternelle. On te prend à moi mais je ne te quitte pas des yeux. Tu as droit à la batterie de tests habituels même ceux que je ne voulais pas. Mais je n’ai pas le temps de parler. Tu pèses 3,680kg… Moi qui te voyais si minuscule. Elle te mesure à 49cm mais ne t’étire pas, je pense que tu es plus proche des 52cm, comme Cassidy. Nous gagnons la chambre où je serai seule avec toi pour les 3 prochains jours. J’apprends à te découvrir, à t’admirer et bien entendu à t’aimer de toute mon âme.
Un texte pour toi :
Le prophète de Khalil Gibran
Parlez-nous des enfants
« Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit :
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable. »
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